Tour de France. Le cocorico du 14 juillet est breton

Warren Barguil - FranceTV Sport
Et de quatre ! Quatrième victoire d’étape française sur ce Tour 2017. Après Arnaud Démare, Lilian Calméjane et Romain Bardet, c’est Warren Barguil qui s’est illustré. – Photo France TV Sport

On prévoyait une étape de feu. On y a eu le droit. Sur le tracé le plus court de ce Tour 2017 – 100 km entre Saint-Girons et Foix – la course a été animée. Alberto Contador et Nairo Quintana à l’avant, Mikel Landa qui joue les troubles-fêtes et une victoire française, avec un Maillot à pois volant, Warren Barguil. Un cocorico à la sauce bretonne !

Une explosion de coureurs. Un feu d’artifices de petites grappes de coureurs. Voilà ce qu’a offert cette treizième étape du Tour de France. Rien d’étonnant, en soit, pour un 14 juillet. Avec un parcours ultra-court – seulement 100 km – entre Saint-Girons et Foix, et trois ascensions classées en première catégorie, les hostilités étaient lancées d’entrée.

Au kilomètre zéro, Thomas Voeckler (Direct-Énergie) et Warren Barguil (Sunweb) avec son Maillot à pois rouges, prennent la poudre d’escampette. Une escarmouche vite rattrapée par l’avant-garde du peloton, où les Astana du Maillot Jaune, Fabio Aru, se font rares. Son principal lieutenant, Jakob Fuglsang, blessé au poignet gauche, est, d’ailleurs, très vite décramponné, avant de poser à pied à terre en début d’étape, comme le Français Arthur Vichot (FDJ).

Contador et Quintana à l’offensive

A l’attaque du premier col du jour, celui de Latrape, les grandes manœuvres commencent. Alberto Contador (Trek) sort de ce qu’il reste du groupe Maillot Jaune, en compagnie de son compatriote Mikel Landa (Sky), qui n’est autre que le septième au classement général. Warren Barguil, qui vole sur les cimes de ce Tour, est également dans le coup, pour aller prendre les points au sommet. Derrière, c’est un autre grand battu du Tour, Nairo Quintana (Movistar) qui se dresse sur les pédales, soutenu par son coéquipier Carlos Betancur, et suivi par un autre Sky – tiens, tiens ! – en la personne de Michal Kwiatkowski, ainsi que par Alexis Vuillermoz (AG2R).

Après une courte descente, Alberto Contador attaque à fond les pédales le col d’Agnes. Une accélération fatale à Warren Barguil, qui préfère temporiser que de se mettre dans le rouge. Le Breton prend, alors, les roues du groupe Quintana-Vuillermoz-Kwiatkowski. Dans le groupe Maillot Jaune, Fabio Aru est esseulé. Et c’est finalement les équipiers des seconds couteaux qui roulent pour protéger leurs positions dans le top 10, avec LottoNL – Jumbo et UAE Team Emirates. Christopher Froome (Sky), Romain Bardet (AG2R) et Rigoberto Uran (Cannondale) font de la moulinette.

Warren Barguil, fleur des pois de la montagne

A l’avant, changement de physionomie. Mikel Landa, pourtant équipier de luxe de Chris Froome, collabore avec le double vainqueur de la Grande Boucle (2007 et 2009). Les deux fuyards prennent de l’avance, jusqu’à compter près de trois minutes d’avance. Dans la descente vers la dernière difficulté du jour, le Mur de Péguère, les deux Espagnols effectuent la descente à fond. Le groupe Quintana, pourtant revenu à une dizaine de secondes, n’opère pas la jonction.

Dans les trois derniers kilomètres du Mur de Péguère, à une moyenne supérieure à 12% et des passages à 18%, et sans public – une demande d’ASO ! – Warren Barguil est impressionnant. Un coup de pédale fluide, une aisance à se mettre debout sur les pédales. Il met Nairo Quintana en souffrance et revient, à lui tout seul, sur le duo Contador-Landa avant le sommet, pour finalement empocher le maximum de points. Et de pois rouges sur son maillot, qui s’accroche de mieux en mieux sur son dos. Avec un peu moins de deux minutes d’avance, les quatre audacieux filent vers la victoire d’étape.

Aru facile, Barguil vainqueur

Chez les favoris, les coéquipiers de George Bennett – et lui-même ! – et Louis Meintjes ayant sauté, c’est le surprenant Irlandais Dan Martin (Quick-Step) qui assure un tempo d’enfer. A bloc, il se fait surprendre à 300 mètres du sommet par une première attaque de Christopher Froome, tout de suite suivi par un Fabio Aru facile et un Romain Bardet à l’aise. Dans la descente vers Foix se joue alors un mano a mano entre les leaders du Tour. Aru, Froome, Bardet et Uran se marquent à la culotte. A chaque accélération des chefs de file de la Sky, d’AG2R ou de Cannondale, le champion d’Italie en titre revient, sans forcer et sans s’énerver, sur chacun de ses adversaires. Un marquage qui profite à l’échappée qui ne perd que peu de temps.

A l’heure de savoir qui va lever les bras sur la ligne d’arrivée, un se montre malin et intelligent : Warren Barguil. Normal pour un Breton, me direz-vous. Un autre semble plus anxieux : Alberto Contador, qui n’hésite pas à discuter avec chacun de ses compagnons. Nairo Quintana semble juste et Mikel Landa roule, surtout, pour le général. Avant d’aborder le dernier virage à 180°C, le Breton de Sunweb prend la meilleure trajectoire pour ressortir avec un maximum de vitesse. Un choix sur l’extérieur gagnant. Pour un 14 juillet, sortez le coq ! Cocorico ! Oui, mais un coq à la sauce Bro Gozh Ma Zadou. Un beau retour au premier plan pour celui qui a été victime d’une fracture du bassin au printemps dernier.

Landa se rapproche, Bardet toujours à l’affût

Plus d’une minute après, Simon Yates (Orica-Scott), le Maillot Blanc, arrive en compagnie de Dan Martin, qui n’a pas ménagé ses efforts. Les autres favoris arrivent ensemble, sans écart. Et donc conséquence au classement général. Tout du moins, pour le top 4. Car derrière, deux Espagnols réalisent deux belles opérations. Mikel Landa, d’abord, gagne deux places pour se hisser juste derrière Rigoberto Uran, à la cinquième place, à un peu plus d’une minute de Fabio Aru. Quant à Alberto Contador, il est de retour dans le top 10. Une récompense pour le panache d’El Pistolero.

Côté tricolore, Romain Bardet reste toujours en course pour remporter le Tour de France. Jamais mis en difficulté, il a tenté, certes naïvement, sa chance dans le final, sans distancer personne. Les jambes ont l’air bonnes. Le moral est là. Le leader d’AG2R est dans la course. Mais, pour ce jour de Fête Nationale, les honneurs vont à Warren Barguil. Après avoir échoué pour un boyau à Chambéry face à Rigoberto Uran, il a, cette fois, réglé le groupe d’échappée. Résultat : une victoire d’étape (sa première sur la Grande Boucle!) et un Maillot du meilleur grimpeur consolidé, avec 61 points d’avance sur Mikel Landa. Oui, le Breton porte bien les pois rouges. Aujourd’hui, et certainement jusqu’aux Champs-Élysées. Ai ta !

Votre serviteur.

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